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LAURIANE DURIX

PARCOURS 

En parallèle d’une Licence Arts de la scène, Lauriane se forme au conservatoire de Roubaix en Art dramatique puis à la méthode Michaël Chekhov avec Natalie Yalon ; ces différentes formations aiguisent sa créativité, son goût pour l’expérimentation et son affinité à croiser les différentes disciplines artistiques. Afin d’approfondir sa technique corporelle, elle se forme à la danse et au mouvement à travers différents stages, notamment avec les Ballets C de la B – Alain Platel ou Ultima Vez – Wim Vandekybus, et elle développe ses performances physiques à travers le yoga et le cirque.

Son « envie turbulente au projet » la mène ensuite à travailler avec diverses compagnies (cie Maskantête, cie Les Arpenteurs, cie Pour un théâtre d'Oklahoma, cie l'Eternel Eté...).

Ces expériences lui permettent d’affiner son univers artistique, à la recherche de la poésie, à la frontière entre le corps et les mots.

Avec HEJ HEJ TAK 

Lauriane est interprète des deux premières créations de la compagnie : Tout va bien. Tout va bien aller maintenant. et  ​Cohérence des Inconnus ainsi que dans diverses formes créées dans le cadre de formes In situ. 

En 2018 elle créé avec la comédienne Marie Bourin A gorge Dénouée, une forme tout terrain autour de la poésie de Ghérasim Luca.

CE QU'ELLE EN DIT 

«En tant que comédienne, j’accorde beaucoup d’importance à la découverte de nouveaux auteurs et de nouvelles autrices, de nouvelles écritures contemporaines, de nouvelles formes théâtrales, poétiques, littéraires, performatives et au fait de se tenir informé.e de l’actualité en générale. Je ressens cette grande nécessité de soutenir les auteur.trice.s contemporain.e.s, de donner à voir et à entendre leurs textes, afin de permettre aux écritures contemporaines d’être visibles et accessibles. Par la suite, je souhaite développer des espaces, proposer des moments, créer des formes où nous prendrons le temps de se réunir à plusieurs pour lire des textes, les relire, les décortiquer, les lire à nouveau, simplement, mais de façon vivante, les dire à haute voix, leur faire prendre corps, les rendre visibles, audibles, vivants.

En d’autres termes : je m’oralise

 

Ce désir de lire, de dire, de porter la parole d’auteurs et autrices, a aiguisé mes préoccupations, a mis en lumière des questionnements qui se retrouvent aujourd’hui au cœur de mes territoires d’exploration et d’expérimentation ; comment prendre la parole ? Que ce soit dans l’espace public, dans la sphère privée, seul.e ou devant une assemblée, je cherche à définir ce qui nous pousse à parler, à nous exprimer, à dire. De la parole à la prise de parole en passant par la manière de – la façon de « prendre » la parole, je m’intéresse à l’articulation de cette prise de parole, sur sa construction, sur sa visée, sur le langage et les différents langages employés – par le corps, les mots, les sensations... Mon ambition est de trouver comment s’approprier le langage, pour en faire un moyen d’expression, d’émancipation, de libération de nos sentiments. Peut-être faudrait-il réinventer le langage, inventer notre propre langage, afin de s’exprimer, d’exprimer nos émotions, de les transmettre et d’en créer chez l’autre…

Ces questionnements ont véritablement pu prendre corps l'année dernière lorsque nous nous sommes lancées, Marie Bourin et moi-même, dans la création d'une forme autour de la poésie de Ghérasim Luca. En effet, ce poète réinvente radicalement le langage à travers un bégaiement poétique, une véritable avalanche de mots qui transmet de grandes émotions.

E N T R É E L I B R E

J’ai été assez rapidement confrontée, en tant que comédienne, à de nombreuses questions liées au dispositif scénique et plus précisément notre manière d’aborder le rapport scène/salle. Je ressens une séparation, parfois, entre les artistes et le public ; la rencontre ne se fait pas, le lien n’est pas tangible, l’échange impalpable, le partage absent. Je trouve cela à la fois triste et révoltant. A trop vouloir explorer les nouvelles technologies, les effets impressionnants, les sujets brûlants, on en oublie parfois l’humain. Nous jouons pour des gens, sans eux, nous ne jouons plus ; alors, prenons-les en considération, proposons autre chose que de l’anonymat et de l’aseptisé, soyons dans le vivant. Je revendique, j’acte et je créé dans une volonté d’accès à la culture pour tous, mais dans les faits, il me semble que cet accès se limite, la plupart du temps à certain.e.s, à trop peu. Ce sont finalement, toujours les mêmes, ou presque, qui viennent au théâtre, malgré tous les efforts réalisés. Pousser la porte d’un théâtre, c’est un acte très fort. Alors, peut-être, doit-on sortir des théâtres ; aller à la rencontre des publics, des gens, des êtres humains, pour partager un moment de vie. S’implanter en milieu rural, peut-être… Ou jouer « à domicile ».

Tout en cherchant de véritables solutions pour proposer du théâtre partout, ailleurs, à tou.te.s, j’expérimente, je rate, je m’interroge, je souris, je tente encore et toujours, je trouve, je créé, je décompose, je cherche à nouveau, je jubile, je poésie...»

Lauriane Durix - novembre 2018

EN VRAC.

du corps, des langues, Schubert, la peau, des sonorités, Zafia Ridet, de la politique, de l’immobilité, de la folie, du dépassement, des bricolages, la chair, les os, le Surréalisme, des postures, de l’absurde, du soleil, Miro, de l’énergie, des histoires, du Yoga, la respiration, A la recherche du temps perdu, du citron, des journaux, nous, du Jazz, un chœur, Magritte, de la philosophie, de l’action, des auteurs contemporains, le Palais Idéal du facteur Cheval, des sensations, Pouchkine, le féminisme, Eloge de la fuite

LES AUTRES ARTISTES DU NOYAU 

 A la découverte de Ghérasim Luca, je succombe à  ce " tourbillon qui repose" : mon désir de donner corps à ses mots rencontre l'envie de Marie d'oraliser sa poésie et notre travail commence. A gorge dénouée est une mise en voix, en corps et en espace où la langue du poète devient, par glissement, la langue quotidienne ; dans l’énergie créative et jouissive de l’improvisation, deux êtres s’amusent avec des mots, des textes, des poèmes – des supports figés – et questionnent le langage sans s’en rendre compte, de manière ludique, à travers une liberté d’interprétation. Notre travail, avec cette création, s’articule autour de l’écriture, du langage, de l’oralité, de la naissance du mot, des mots, du sens – dans l’insensé. Ce projet est également l’occasion d’expérimenter de nouvelles méthodes d’invasion et de chercher des propositions publiques adéquates. Nous voulons décloisonner la poésie en l’amenant au théâtre et sortir des théâtres pour entrer dans le monde. Tant qu’à vouloir briser les frontières, ouvrons les portes et les fenêtres.

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Caroline Décloitre

Metteuse en scène - interprète

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Cécile Rutten

Comédienne - metteuse en scène

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Pauline Granier

Créatrice lumières